Les Émirats arabes unis (EAU) ont imputé au président américain, Donald Trump, la responsabilité des répercussions économiques de la guerre israélo-américaine contre l’Iran et ont averti qu’ils effectueraient leurs transactions financières en yuan si la Réserve fédérale n’établissait pas une ligne de swap de devises avec la banque centrale émiratie.
Les Émirats arabes unis ont entamé des négociations avec les États-Unis au sujet d’un éventuel filet de sécurité financière pour protéger leur économie si le conflit actuel contre l’Iran aggrave la crise dans le golfe Persique, a rapporté le quotidien Wall Street Journal lundi, citant des responsables américains.
Le gouverneur de la Banque centrale des Émirats arabes unis, Khaled Mohamed Balama, a évoqué l’idée d’établir une ligne de swap de devises lors de ses rencontres à Washington la semaine dernière avec le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ainsi que des représentants du Trésor et de la Réserve fédérale des États-Unis.
Des responsables américains ont indiqué que la partie émiratie avait présenté cette proposition par mesure de précaution, soulignant que si les Émirats arabes unis avaient jusqu’à présent échappé aux conséquences économiques les plus graves de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, il pourrait néanmoins avoir besoin d’un soutien financier en cas d’aggravation de la situation actuelle.
Ces négociations témoignent de l’inquiétude croissante aux Émirats arabes unis en ce qui concerne les impacts que la guerre américano-israélienne contre l’Iran pourrait avoir sur économie émiratie et sur le statut des Émirats arabes unis en tant que centre financier mondiale.
La guerre déclenchée par l’alliance américano-israélienne contre la République islamique d’Iran a endommagé les infrastructures pétrolières et gazières émiraties et a perturbé aussi le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, ce qui a privé les Émirats arabes unis d’une source essentielle de revenus pétroliers libellés en dollars.
Des responsables américains ont également fait entendre que des représentants émiratis avaient indiqué que la décision de Trump d’attaquer l’Iran a entraîné leur pays plus profondément dans le conflit, créant des risques économiques dont les impacts ne sont pas encore pleinement connus.
Le fait que les Émirats arabes unis puissent effectuer des transactions financières en utilisant le yuan pourrait remettre en cause la domination du dollar américain dans le commerce mondial, d’autant plus que les transactions pétrolières sont majoritairement réalisées en dollars.
La guerre criminelle déclenchée par l’alliance américano-israélienne contre l’Iran a commencé le 28 février par des frappes aériennes, en tuant en martyr de hauts responsables politiques et commandants militaires iraniens, dont le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.
Les forces armées iraniennes ont riposté aux agressions en lançant des opérations quasi quotidiennes de missiles et de drones contre des cibles stratégiques d’Israël dans les territoires palestiniens occupés et contre des bases et des installations militaires américaines dans toute la région de l’Asie de l’Ouest.
En outre, l’Iran a riposté aux agressions militaires américano-israéliennes en fermant le détroit d’Ormuz, ce qui a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et de ses dérivés à travers le monde.
Le 8 avril, le Conseil suprême de sécurité nationale iranienne a annoncé la conclusion d’un accord de cessez-le-feu provisoire négocié par le Pakistan, après que les États-Unis ont accepté les propositions iraniennes en dix points.
Une délégation iranienne de haut niveau, conduite par le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a participé aux négociations à Islamabad avec la délégation américaine, menée par le vice-président J.D. Vance.
À l’issue de 21 heures de discussions intensives, les négociations se sont soldées pourtant par un échec, l’Iran dénonçant des « exigences excessives » de la part des États-Unis.